TENDANCE AUTOMATIC FOR THE PEOPLE: ROBOT OR NOT ROBOT ?

Petit à petit les robots prennent place au sein des restaurants afin d’améliorer la productivité des tâches répétitives.

C’est le cas au Café X, à San Francisco, où les barristas ne sont plus des humains mais des robots ou plutôt des bras robotisés au sein d’une cage en verre. Cette initiative est née afin de diminuer l’attente client, les erreurs humaines, et les variations de qualité. Le café est commandé à partir d’une borne ou d’une application et est servi quelques secondes après.
Pas très glamour: on est loin du fabuleux barrista tatoué, mais rapidité et fiabilité ont leurs adeptes. Café X n’a en effet pas l’intention de remplacer la « Coffee Shop Experience » mais propose une solution efficace avec un café ultra-sélectionné que l’on peut choisir, auprès de trois torréfacteurs indépendants locaux et/ou réputés: Intelligentsia, Equator ou Ritual.

Les trois implantations à San Francisco, après celle de Hong Kong, susciteraient déjà l’intérêt de majors comme Verve ou Peet’s Coffee. Comme le dit son CEO Henri Hu, assez pince sans rire, « c’est un peu Starbucks avec du meilleur café et sans erreur sur le nom du client ».

Côté salad bars également, les essais se multiplient: après Casabots c’est au tour de Farmer’s Fridge de rencontrer la faveur des média…et du public. Lancé en 2013 par Luke Sanders qui n’en pouvait visiblement plus de la junk food, ce service de distribution automatique de salades fraîches réapprovisionné chaque jour avec du kale, des épinards, du quinoa, des légumes, des fruits et toutes sortes de graines riches en bénéfices nutritionnels, bien présentés dans des bocaux en verre rencontre un succès bien mérité.

Aujourd’hui la start up compte 120 machines à Chicago et dans le Milwaukee et devrait doubler son parc cette année. Selon son fondateur, tout le challenge a été de persuader les clients qu’ils pouvaient trouver une restauration de qualité dans une machine automatique, ou un micro-restaurant comme il préfère les appeler. C’est pourquoi le design des premiers appareils a été particulièrement soigné avec du bois de récup et des plantes, alors que finalement c’était le look des produits et leur qualité qui ont été décisifs. Le fait que les clients essaient, ne soient pas déçus et rachètent est la clef du succès. Les emplacements comptent aussi: bureaux, hôpitaux, convenience stores, banlieues à faible densité de restaurants… Mais la leçon de ces 5 années c’est bien que le triangle goût + praticité + rapport qualité prix est celui qui pousse les gens à s’alimenter différemment et pas seulement la promesse santé.
La plupart des salades de Farmer’s Fridge ne coûtent pas plus de 7$, ce qui est significativement plus bas que les prix pratiqués par les enseignes de salad bars trendy comme Sweetgreen, également originaire de Chicago: c’est la raison pour laquelle notre frigo du fermier n’a pas été affecté par la montée en puissance de ces dernières, et à même pu profiter de l’engouement qu’elles ont su susciter sur la catégorie.

Les appareils sont connectés par voie digitale à la cuisine centrale où sont préparés chaque jour les salades, les desserts & quelques préparations comme des pâtes au pesto. Ce suivi ultra-précis permet de calculer au plus juste les quantités à sourcer et à fabriquer. S’il y a des ratés, tout est donné à des charités locales. Un modèle top efficace que Luke entend bien étendre à tout le Midwest, et ensuite au pays tout entier.

L’Insight Bento
: Times, they are a-changing comme le chantait notre bon vieux Bob et il est intéressant de voir comment des métiers comme la restauration ne cessent de se réinventer. La résistance à l’innovation est beaucoup moins forte qu’on ne l’imagine quand on choisit de donner la priorité à l’expérience client et à réellement comprendre ses critères de choix…